Les gorges de la Jonte

Il avait oublié distrait
qu'écrire et pire on pouvait
À deux oreilles il se trouvait
réduit aimant enregistrer
Se contentant d'écouter
d'entendre et d'imiter


Vidé de toute activité
Les dégats de la carence
anémiaient ses résistances
Ne sachant se confronter
il ne savait qu'éviter


Discret, passif et réceptif
Posté au bord de l'eau, l'onde
l'absorbe et la décrue du monde
résorbe le dessein, dépit excessif
Ci-git l'instinct, déclin subjectif


Manquant de force originaire
Selon les probabilités
privé de créativité
Dépourvu d'énergie primaire
Dans l'anesthésie des nerfs
en ruminant des heurs d'hier


La nostalgie est un abîme
Sur internet, à la radio
Que c'est doux, que c'est idiot
À défaut d'une vie qu'on aime
Les échos d'une vie qu'on mime
D'antipyrine est-ce une mine ?


De strychnine est-ce un filon ?
Entre poisons lequel s'immisce ?
Dans mes humeurs lesquels se mixent ?
Déflation, fluxion, conflit, fiction
d'un mieux, flux et dissolution


Binaire était l'alternative
La flexibilité de la
débilité du moi ou vice versa
la voie directe est-elle à suivre
d'une vie active et démonstrative ?


J'ignorais tout, moi, c'est tout vu
Je savais pour toi, mais de moi
La vérité a ses émois
j'ai l'impression d'un inconnu
La vérité veut qu'on la tue